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    Geopolitica: Nicolae Trifon. La nation roumaine dans le miroir hongrois
    Scris la Sunday, December 16 @ 17:29:08 CET de catre asymetria
    Geopolitica
    La nation roumaine dans le miroir hongrois

    Nicolas Trifon | lundi 22 octobre 2018

    Non, les rapports entre les Hongrois et les Roumains n’ont pas été toujours ce qu’ils sont maintenant, c’est-à-dire pas très bons, et il n’y a pas de raison qu’ils restent ainsi à l’avenir, semble vouloir faire comprendre Béla Borsi-Kálmán aux lecteurs de ses « essais pour servir à l’histoire des rapports hungaro-roumains aux XIXe et XXe siècles » qui viennent d’être traduits en français [1].


    La nation roumaine dans le miroir hongrois
    Nicolas Trifon | lundi 22 octobre 2018

    Non, les rapports entre les Hongrois et les Roumains n’ont pas été toujours ce qu’ils sont maintenant, c’est-à-dire pas très bons, et il n’y a pas de raison qu’ils restent ainsi à l’avenir, semble vouloir faire comprendre Béla Borsi-Kálmán aux lecteurs de ses « essais pour servir à l’histoire des rapports hungaro-roumains aux XIXe et XXe siècles » qui viennent d’être traduits en français [1].

    A vrai dire, ces rapports ne devaient pas être pires il y a un siècle, à la veille de l’union de la Transylvanie avec le royaume roumain, célébrée en Roumanie cette année, et du traité de Trianon de 1920 qui fera l’objet d’évocations d’une tout autre nature en Hongrie et parmi les membres de la minorité hongroise de Roumanie. On aurait en revanche plus de mal à dire comment se présentaient ces rapports deux siècles auparavant, à moins de prendre pour argent comptant les considérations de ces intellectuels avant la lettre de l’Ecole transylvaine qui, inspirés par l’Aufklärung allemand, formulaient dès la fin du XVIIIe siècle les arguments du mouvement national roumain à venir. Tout au plus peut-on se faire une idée des rancœurs qui devaient s’accumuler parmi ces mystérieux Valaques, les futurs Roumains, longtemps ignorés par les grands de ce monde mais dont la présence avait fini par être ressentie comme quelque peu menaçante. Un écrivain français d’ascendance souabe, Mathias Menegoz, a récemment mis en scène les tensions qui couvaient en ce temps. L’action de son roman, Karpathia [2], se déroule aux alentours de 1830. Les retombées de la défaite de 1848-1849 Le regard de Béla Borsi-Kálmán (BBK) se pose très précisément sur les années qui suivent la défaite des révolutions de 1848-1849 et précèdent le compromis austro-hongrois de 1867, les années au cours desquelles émergent et prennent forme nombre de griefs des Hongrois et des Roumains. En effet, en 1848, dans leur combat contre l’Autriche, les premiers, libéraux mais jacobins, proclamaient l’union de la Transylvanie avec la Hongrie, tandis que les Roumains se voyaient refuser le statut de « nation » dont bénéficiaient depuis des siècles les Hongrois, Sicules et Saxons en Transylvanie. Pourtant, ils constituaient depuis le milieu du siècle précédent la population majoritaire. Aussi, plusieurs révolutionnaires roumains soutenus dans certaines régions par la paysannerie firent le choix de l’Autriche contre les insurgés hongrois défaits par l’armée impériale avec l’aide de la Russie en août 1849. Mais BBK, dont la thèse de doctorat a porté sur cette période, n’en reste pas là. Il s’attaque à quelque chose de beaucoup plus compliqué et interroge les tentatives d’aplanir ces griefs, de désamorcer les conflits, examine à la loupe les ébauches de solution au différend qui va opposer jusqu’à nos jours les uns aux autres. Les canaux explorés par l’auteur, historien de formation, longtemps diplomate, sont variés : politiques et diplomatiques parfois via les services secrets, ou encore réseaux clandestins, qu’il s’agisse de complots ou de conspirations, et, plus rarement, connexions culturelles et affinités intellectuelles. Les enquêtes qu’il a menées sont longues et parfois fastidieuses, les archives suffisamment riches pour réserver des surprises aux chercheurs, les résultats pas toujours concluants, comme il le reconnaît lui-même. Missionnés par leurs camarades restés au pays, les rescapés de la révolution hongroise exilés dans les principautés moldave et valaque, sont les premiers à avoir eu l’initiative auprès des hommes politiques roumains. Avant même son élection à la tête des Principautés unies en 1859, Alexandre Ioan Cuza est approché à Galaþi et à Iaºi. Quelques années après, il donnera son consentement pour qu’un contingent de Hongrois armés vivant sur le territoire roumain entre en Transylvanie en partant de Moldavie, mais l’incursion n’eut pas lieu [3]. Egalement sollicité, Mihail Kogãlniceanu, Premier ministre de Cuza, tentera plus tard de négocier avec le futur ministre des Affaires étrangères de l’Autriche-Hongrie Andrassy le sort des Roumains de Transylvanie en proposant une solution du même ordre que celle adoptée en Croatie. Mais cette tentative, plutôt inattendue côté roumain, n’aboutira pas non plus [4]. Le projet de Confédération danubienne Plus surprenante est la filière garibaldienne, reconstituée à partir des archives et des mémoires du journaliste Marco Antonio Canini qui, après avoir quitté précipitamment sa Venise natale en 1848, prêche la « révolution symphone et synchrone (concorde et simultanée) des peuples opprimés en Autriche et en Turquie » [5] aux quatre coins de l’Europe centrale et sud-orientale. Difficile de dire dans quelle mesure une Confédération danubienne était envisageable en ce temps et pouvait recueillir les faveurs des Serbes et des Bulgares, des Roumains et des Hongrois. Toujours est-il que, selon BBK, c’est à Canini, « excellent connaisseur des conditions et de la situation politique en Valachie, et faisant preuve en même temps de sentiments amicaux envers les Roumains » que le héros national hongrois Kossuth Lajos « dicta en mai 1862 son illustre projet de Confédération danubienne » [6]. Voici, toujours selon BBK, comment le bouillonnant et entreprenant Italien, auteur également d’un ouvrage publié en roumain à Bucarest [7], présentait la situation dans le pays voisin : « [. . . ] l’élément hungarophobe à Bucarest n’est pas l’autochtone ; lui et avant tout l’aristocratie roumaine sentent qu’ils ont besoin d’un appui contre l’influence russe et qu’ils pourraient surtout le trouver chez les Hongrois ; le peuple est excité avant tout par ceux qui émigrèrent de Transylvanie en Valachie, mais qui n’y trouvèrent pas non plus l’appréciation attendue ; ils injurient donc le Hongrois et alimentent l’idée du grand empire roumain, qui impliquerait d’une part la Transylvanie et une grande partie de la Hongrie, d’autre part les tsintsares koutzo-valaques macédoniens. Ils ne sont dangereux que par le fait qu’ils obtinrent presque tous des postes de professeur. . . » [8]
    Les résultats de ces contacts furent certes minces, mais des contacts ont eu lieu et auront lieu également après le l’instauration du dualisme austro-hongrois en 1867. Les occasions pour prendre conscience des intérêts convergents sur certains points n’ont pas manqué non plus. Leur existence mérite d’être signalée alors qu’elle est souvent niée ou minimisée par les historiographies nationales. Il en va de même pour la Confédération, quand bien même un tel projet peut sembler utopique pour l’époque [9]. Et si elle préfigurait à sa manière l’Union européenne de nos jours ? Eloge du dynamisme roumain Les contributions présentées par BBK à l’occasion de divers colloques et ouvrages collectifs sont réunis sous le titre Au berceau de la nation roumaine moderne dans le miroir hongrois. Que nous révèle-t-il au juste le miroir hongrois ? Deux choses sautent aux yeux. La curiosité manifestée par les quarante-huitards hongrois émigrés en Valachie et en Moldavie, que l’auteur lui-même semble partager, pour la diversité ethnique et la structure sociale de la population et en particulier des couches urbaines et des élites du pays, d’une part, et la redoutable efficacité de ces dernières sur le plan de la construction nationale. A vrai dire ce sont des aspects qui ne retiennent pas beaucoup l’attention des Roumains alors qu’ils passionnent souvent les observateurs avertis extérieurs. Dès leur arrivée, en regardant de plus près, les émigrés hongrois découvrent les origines récentes grecques, bulgares, serbes, albanaises ou macédo-roumaines de la plupart de leurs interlocuteurs occupant une place centrale dans les affaires roumaines. Ils traversent des villages où on parle le bulgare ou le serbe ou encore le hongrois, en Moldavie. « De Galaþi jusqu’à Calafat, ‘’l’on entend plus souvent le grec que le roumain’’ », note un de ces émigrés alors qu’un autre, fin connaisseur des réalités roumaines puisque installé de longue date comme arpenteur dans ce pays, estime que moins de 10 % des grands boyards de Valachie sont d’origine roumaine et il en va de même des fermiers, commerçants, etc. [10] « Où sont donc alors les Roumains ? Et comment s’explique le fait, pas moins excitant, que – malgré tout cela – personne, Hongrois compris, n’ait mis en doute le caractère roumain de toutes ces classes et couches sociales ? » [11] A cette question BBK répond en rappelant que la majorité de la paysannerie était roumaine et il en allait de même pour les petits et moyens boyards. Ces « gentilshommes campagnards », nombreux surtout en Moldavie, ressemblent davantage aux petits nobles hongrois, note-il [12], avant de procéder à la comparaison suivante : « Le ‘’style’’ de vie des boyards roumains [est] beaucoup plus ouvert, détendu, moins rigide (…) que celui de la noblesse hongroise orgueilleuse et pleine de morgue. » [13] Si la composition ethnique de l’« oligarchie de Moldo-Valachie » intrigue parfois, les talents déployés par ses membres pour la construction du futur Etat-nation roumain suscite une admiration non dissimulée de la part de l’auteur : « Cette élite, la nomenklatura de l’époque, nommée en grec la protipendada, en partie d’origine balkanique et levantine, était liée aux Grecs de Constantinople, quoique presque totalement roumanisée. Grâce à ses liens avec l’administration ottomane, elle a manifesté un savoir-faire, une capacité diplomatique presque sans égale dans l’histoire européenne. C’est ainsi que les diplomates roumains, contrairement au jugement de leurs collègues hongrois, ont bénéficié d’une nette supériorité technique/professionnelle pendant les pourparlers roumano-hongrois durant les années 1850-1860. Deux mondes, deux conceptions de vie différentes, deux sous-régions de l’Europe se sont rencontrés, l’Europe centrale et l’Europe du Sud-Est. Cette dernière, sociologiquement moins évoluée peut-être, mais plus vivace, plus dynamique, a été finalement plus efficace. C’est ainsi que les inégalités sociales se renversent, et, parfois, dans la longue durée du moins, trouvent leur revanche. » [14] Autrement dit, pendant que les anciens quarante-huitards hongrois et polonais conspiraient, complotaient, préparaient des insurrections, c’étaient leurs homologues roumains qui marquaient des points [15]. Sans doute s’agit-il là d’une performance mais elle n’aurait jamais eu lieu si les grandes puissances de l’époque n’y trouvaient pas leur compte. Historien et diplomate, l’auteur de cet éloge un tantinet ironique est bien placé pour le savoir. « Maîtres » hongrois, « serfs » (serviteurs) valaques… « Le cliché probablement le plus grave que le passé commun hungaro-roumain (roumano-hongrois) a jamais produit », écrit BBK, est celui qui veut que « les Roumains (Valaques) seraient des ‘’paysans opprimés’’ opposés aux ‘’seigneurs’’, ‘’comtes’’, ‘’féodaux’’… ‘’hongrois’’ ». « De ce fait, les ‘’serfs’’ (serviteurs), c’est-à-dire les ‘’Valaques’’, sont soit humbles – dans le meilleur des cas –, soit plutôt ‘’paresseux’’, ‘’louches’’, voire ‘’menteurs’’. En somme : des êtres humains inférieurs, soumis, qui ne cherchaient qu’à induire en erreur leurs honnêtes, francs, braves ‘’maîtres’’, sous-entendu ‘’hongrois’’. » [16] Non, s’insurge BBK, si la majorité de la noblesse était hongroise, nombre de Roumains, à commencer par le fameux Jean Huniade, soit Hunyadi János ou encore Iancu de Hunedoara, ont intégré la noblesse dans le royaume hongrois, tandis que dans des régions comme Fãgãraº, Maramureº ou Hațeg a eu lieu le processus contraire, « les petits et moyens nobles roumains assimilant, parfois en masse, leurs homologues hongrois. Dans ces contrées il n’y a pas eu de conflits armés, de massacres réciproques pendant la guerre civile transylvaine en 1848-1849 » [17]. Ce qui révulse le plus BBK - et comment ne pas le comprendre -, c’est que ce cliché, « devenu un lieu commun de l’historiographie nationale roumaine », soit si souvent brandi encore de nos jours pour justifier « l’intolérance ou le manque de sensibilité par rapport aux problèmes des Hongrois minoritaires en Transylvanie actuelle » [18]. Pour Kossuth, Canini et leurs contemporains, la « grande question » était « la libre association des peuples de cette région et la transformation, tant souhaitée, en démocratie de leurs sociétés » [19], rappelle BBK. Aussi, tout naturellement il conclut ainsi : « La question de la Transylvanie divise ou peut diviser, depuis cette époque jusqu’à nos jours, Roumains et Hongrois, s’ils ignorent ou persistent à ignorer que ce n’est pas l’enjeu véritable de la modernisation de leurs sociétés. La solution serait de laisser en suspens cette malencontreuse dispute, cette querelle historique, dans la perspective de l’Europe intégrale, de l’Europe unie. » [20]

    A l’heure où l’Académie nationale et les médias du pays appelé à présider pendant les mois à venir l’Union européenne multiplient les allusions à peine voilées anti-hongroises dans la quasi-indifférence de l’opinion publique roumaine et où le Premier ministre hongrois met à profit ses rencontres annuelles avec la minorité hongroise de Roumanie pour s’écarter de certains principes et valeurs sur lesquels a été fondée l’Union européenne [21] la perspective suggérée par BBK semble bien lointaine. Mais a-t-on vraiment le choix ?

    Post-scriptum : Au risque de choquer certains, je finirais sur une note plus personnelle en exprimant ma gratitude à BBK de m’avoir permis avec ce livre de retrouver un peu de mon passé hongrois. Je m’explique. Du côté de ma mère, on s’appelait Rozvan(y) et Lemeny. Social-démocrate puis communiste, mon grand-père maternel Eugen (Jenö) Rozvan(y) est issu d’une famille de commerçants provenant de la zone Monastir/Bitola en Macédoine installés de longue date à Salonta. Son père à lui avait été insurgent puis sous-lieutenant du régiment de cavalerie de la garde nationale hongroise en 1848-49. Il a notamment participé à la bataille de Simeria sous les ordres du général Bem. Ma grand-mère, Nora, scolarisée d’abord à Sibiu, a étudié ensuite, comme son mari, à Budapest puis à Berlin, avant de s’installer à Cluj. Son grand-père à elle, Ioan Bran de Lemeny, fut secrétaire de l’assemblée de Blaj en mai 1848, là où officiait l’évêque gréco-catholique Ioan Lemeny, son cousin. Social-démocrate et féministe, élue député en 1918, Nora Lemeny a participé à l’assemblée d’Alba Iulia le 1er décembre et a fait partie de la délégation roumaine aux pourparlers de Trianon. Début septembre 1940, à la veille de l’entrée des troupes hongroises à Cluj, elle s’est réfugiée à Bucarest. Ma mère faisait partie du voyage. Je ne l’ai pas entendu dire du mal des Hongrois, en revanche elle prétendait ne pas parler le hongrois ce que j’ai pu constater que c’était faux. Pour ma part, dès ma jeunesse j’ai pris en grippe le nationalisme, peut-être grâce à mon père, lui-même « macédonien », aroumain, minoritaire absolu puisque sans king state comme on dit. A partir de ce que l’on m’a raconté en famille, de ce que j’ai pu lire dans des livres et des périodiques sur mes grands-parents, que je n’ai pas connus, il m’est souvent arrivé dernièrement de me demander ce qu’ils pouvaient bien faire en leur temps à Salonta/Nagyszalonta, Sibiu/Hermannstadt, Cluj/Kolozsvar, Oradea/Nagyvarad, Budapest surtout, Vienne… Qu’on le veuille ou non, le passé des générations qui m’ont précédé du côté de ma mère était hongrois. Le mien aussi, par conséquent, tout au moins en partie. Et comme j’aime l’histoire, j’ai toujours essayé d’en savoir plus. Voilà pourquoi je suis reconnaissant à BBK pour son livre qui vient d’être traduit en français.

    Notes

    [1Au berceau de la nation roumaine moderne dans le miroir hongrois : essais pour servir à l’histoire des rapports hungaro-roumains aux XIXe et XXe siècles /Béla Borsi-Kálmán ; traduction française de Charles Kecskemeti, révisions Ophélie Ammour ; introduction Matei Cazacu, Edition des archives contemporaines, Paris, 2018.
    [2] Paris : POL, 2014.
    [3Au berceau…, op. cit., p. 53.
    [4Id., p. 145.
    [5Vingt ans d’exil/par Marco Antonio, ancien émigré vénitien, Paris, 1868, p. 149, 165 et 263.
    [6Au berceau…, op. cit., p. 14. Canini dit dans ses mémoires parus en français avoir composé lui-même ce projet « avec les intelligences que j’avais avec d’autres chefs de l’émigration hongroise » (Vingt…, op. cit ., p. 174-5). Il prétend également avoir « fait accepter à Kossuth Lajos, qui était au départ partisan de l’« union ou la mort », l’existence d’une Transylvanie indépendante. » « Pour les Roumains, ajoutait-il au passage, il s’agissait d’une transaction temporaire » (Vingt…, op. cit., p. 212). Il n’est pas tendre non plus avec les Roumains, par exemple lorsqu’il écrit : « Les institutions dont jouissent les Roumains sont le fruit principal presque unique du sang français et anglais versé en Crimée », ou encore : « On a cru élever en Roumanie le premier boulevard de la civilisation contre la barbarie ; on l’a élevé à grands frais. Est-ce que ce serait là, au contraire, le premier boulevard de la barbarie contre la civilisation ? » (Id., p. 159).
    [7Studii istorice asupra originei nat̡iuniĭ române/de Marcu Antoniu Canini, Bucarest, 1858.
    [8Au berceau…, op. cit., p. 14. Les notes des contributions telles qu’elles figuraient dans l’état initial ayant été reléguées à la fin du livre, nous n’avons pas d’indication sur la source exacte de cette information.
    [9] Dans ses mémoires, Cantini résume ainsi la situation : « L’unité politique n’est possible sur les deux versants des Carpates transylvains, ainsi que du Danube jusqu’à la Grèce, qu’au prix de luttes terribles » (Vingt…, op. cit., p. 175).
    [10Au berceau…, op. cit., p. 38.
    [11Id., p. 39. A noter que, s’agissant de la Hongrie, BBK propose un raisonnement similaire lorsqu’il écrit : « Et il ne faut pas oublier que la force motrice de l’époque des réformes en Hongrie (…) a été justement cette noblesse, certes hétérogène sur le plan ethnique, mais, dans la longue durée, à caractère hongrois » (Id., p. 25).
    [12Id., p. 39.
    [13Id., p. 41.
    [14Id., p. 153.
    [15] L’apparent succès de la nation building roumaine et surtout la reconnaissance internationale du premier Etat roumain ont dû à leur tour alimenter le nationalisme hongrois et le radicaliser après 1867, quand la Hongrie est devenue partenaire privilégié de l’Autriche.
    [16Au berceau…, op. cit., p. 208.
    [17Id., p. 209.
    [18Id. : Le cliché pointé par BBK est pernicieux parce qu’il se présente sous la forme de deux énoncés distincts qui alimentent deux types de stéréotypes en fonction de ceux qui le véhiculent. Pour les uns, le stéréotype qui en découle est dépréciatif à l’égard des Valaques/Roumains, puisqu’il justifie leur condition inférieure de serfs-serviteurs et appelle à la vigilance devant leurs travers. Pour les autres, le stéréotype participe à la victimisation de ces mêmes Valaques/Roumains « paysans opprimés par les féodaux magyars » et suggère la nécessité de s’émanciper de l’état de victime. Contradictoires à première vue, les deux stéréotypes sont complémentaires à la longue. En effet, dès lors que les paysans opprimés et/ou les serfs-serviteurs cherchent à s’émanciper ou s’émancipent effectivement, le stéréotype dépréciatif devient lui-même un argument en leur faveur, un argument dont ceux qui se présentent comme étant leurs héritiers, les Roumains de l’après-1920, ne manqueront de s’emparer. A leurs yeux, les contestations et les revendications exprimées par les Hongrois à titre de minorité de fait renvoient nécessairement à une volonté des anciens maîtres de retrouver leur statut supposé privilégié d’antan. Encore incertaines pendant le court entre-deux-guerres, vingt ans seulement, les choses vont empirer pendant le long après-guerre. Plus de soixante-dix ans se sont déjà écoulés depuis 1945. En effet, entre ces deux périodes il y a eu la guerre. La reprise et l’administration pendant ces années de la Transylvanie du Nord par les autorités hongroises furent vécues par nombre de Roumains mais aussi par certains Hongrois comme un retour des anciens maîtres. BBK ne se contente pas de mettre l’accent sur ce cercle vicieux, il s’emploie aussi à le déconstruire, arguments historiques à l’appui, ce qui est tout à son honneur.
    [19Id., p. 125.
    [20Id., p. 153-154.
    [21Cf. l’appel à la construction d’un « Etat illibéral fondé sur le travail et la communauté » lancé à la 25e Université d’été de Bãile Tuºnad, le 26 juillet 2014.
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