Asymetria - revue roumaine de culture, critique et imagination

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    Restituiri: Mircea ELIADE. NE PLUS ETRE ROUMAIN ! (A nu mai fi român)
    Scris la Friday, March 03 @ 11:00:05 CET de catre asymetria
    Geopolitica Moda lepãdãrii de sine se manifestã recurent. În toate epocile istoriei românilor. A devenit «viralã» dupã 1945, s-a stîmpãrat din 1964 pânã prin 1980, a bântuit în vremea grea a crizei ceaușiste, mai ales printre emigranți, s-a calmat când românii s-au trezit revoluționari și a reapãrut când propaganda globalizãrii, neocolonialã, a privatizãrii obligatorii, însoțind distrugerea țesutului economic al României, a activat acuza "vinei colective" ( toți românii declarați responsabili de o politicã care ar fi produs holocaust între 1940 și 1944).E o boalã endemicã, specificã românitãții ? Mã îndoiesc, deci exist. Ca român descendent din polonezi, care s-au stabilit pe Tisa înainte de 1600. Sau poate descndent din vlahi locuind pe teritoriul Poloniei actuale, a Ucrainei actuale, care se autoguvernau acum șase secole pe baza legii și tradiției numite « Jus walachicum»(vezi studiile istorucului Dimitrie Mototolescu)Publicarea versiunii franceze a acestui text important mi se pãrea o datorie, fiindcã va permite eventualilor cittitori francofoni sã înțeleagã de ce întâlnesc adesea, nu doar printre intelectualii români, astfel de specimene, de inși care refuzã sã mai vorbeascã limba românã, ba chiar îți inventeazã ascendențe care sã le motiveze lepãdarea.
    Dan Culcer


    Mircea ELIADE . NE PLUS ÊTRE ROUMAIN  !  (A nu mai fi român)
    Une nouvelle mode est apparue chez les jeunes intellectuels et écrivains  : ne plus être roumain, regret ter de l'être, mettre en doute l'existence d'une spécificité nationale et même la possibilité d'une intelligence créatrice de l'élément roumain. Entendons-nous  : ces jeunes-là ne dépassent pas le cadre national pour sentir et penser selon les valeurs universelles  ; ils ne disent pas  : «  Je ne suis plus roumain parce que je suis avant tout un homme et que je pense uniquement suivant ce critère universel et éternel.  » Ils ne méprisent pas le roumanisme parce qu'ils sont communistes ou anarchistes où membres de je ne sais quelle autre secte socialo-universelle. Non. Ils regrettent tout simplement d'être roumains, ils préféreraient être (ils l'avouent) n'importe quoi d'autre  : chinois, hongrois, allemands, scandinaves, russes, espagnols. Tout, sauf roumains. Ils en ont par-dessus la tête de leur destin  : être et rester roumains. Alors, ils cherchent toutes sortes d'arguments (historiques, philosophiques, littéraires) pour prouver que les Roumains forment une race incapable de penser, d'être héroïque, de philosopher, de créer dans les arts…
    L'un d'eux doute tellement de la réalité d'une nation roumaine guerrière qu'il se propose de lire l'Histoire de l'Empire ottoman de Hammer pour vérifier si, vraiment, les Roumains ont jamais combattu et vaincu les Turcs  ! Un autre pense qu'aucun des esprits qui comptent dans l'histoire et la culture roumaines n'était d'origine roumaine. Cantemir, Kogãlniceaunu, Eminescu, Hașdeu, Conta, Maiorescu, Pârvan1 sont tous, absolument tous, des étrangers. Ils sont slaves, juifs, arméniens, allemands, n'importe quoi  ; mais ils ne peuvent pas être roumains, parce que les Roumains ne peuvent pas créer, ne peuvent pas juger  ; les Roumains sont adroits et malins, mais ils ne sont ni des penseurs ni des créateurs.
    Si l'on prononce un nom indubitablement roumain, on se heurte à d'autres arguments. Il est originaire d'Olténie ? Il a du sang serbe. De Moldavie ? Elle est slavisée tout entière. De Transylvanie2 ? Il a du sang hongrois. Je connais quelques Moldaves qui disent fièrement : « J'ai du sang grec ! » Ou : « Mon aïeul était russe ! » Leur seule chance d'être des hommes véritables : se prouver que leur origine n'est pas purement roumaine.
    Je ne crois pas qu'il existe un seul autre pays européen où autant d'intellectuels aient honte de leur peuple et cherchent si frénétiquement à lui trouver des défauts et à se moquer de son passé, où ils crient sur les toits qu'ils préféreraient appartenir, de naissance, à un autre pays.
    Les jeunes intellectuels dont je parle font des reproches à la roumanité. D'abord, disent-ils, les Roumains sont malins et ainsi ils échappent aux drames intérieurs et à la connaissance des profondeurs de l'âme humaine, ils se débarrassent des problèmes. Qui n'a pas de problème psychique, qui ne souffre pas d'insomnie à cause de ses méditations et de ses agonies, qui n'arrive pas sur le seuil de la folie et du suicide, qui ne devient pas neurasthénique pour dix ans, qui ne hurle pas : « Néant ! Agonie ! Vanité ! », qui ne se tape pas la tête contre les murs pour connaître « l'authenticité », « la spiritualité  » et « la vie intérieure », celui-là ne peut pas être un homme, il ne peut pas appréhender les valeurs de la vie et de la culture, il ne peut rien créer. Les Roumains sont adroits, malins - quelle horreur  ! Où cela peut-il les mener ? A quoi bon pouvoir connaître superficiellement la réalité si l'on n'a pas la faculté d'imaginer des problèmes, si l'on n'a pas la maladie permettant d'apercevoir la mort et l'existence, si l'on n'a pas les éléments mêmes du drame intérieur ?
    Ces jeunes intellectuels reprochent à leur peuple de ne pas avoir de drames ni de conflits, de ne pas se suicider par désespoir métaphysique. Ils ont découvert toute une littérature européenne traitant de la métaphysique et de l'éthique du désespoir. Or, celui-ci étant un sentiment qu'ignore le peuple roumain (qui, malgré tant d'hérésies, religieuses ou laïques, est resté fidèle à l'Église orientale), ils en ont déduit que c'était un peuple irrémédiablement stupide. Rien n'a de sens, de valeur philosophique ou humaine, qui ne se trouve chez Pascal, Nietzsche, Dostoïevski ou Heidegger (ces génies qui ont élaboré une pensée à laquelle est imperméable la structure de la pensée roumaine), rien, sauf s'il se trouve dans la folie d'un malheureux Allemand, dans les visions d'un Russe ou dans les pensées d'un catholique doutant perpétuellement.
    Nourris de lectures européennes, imitant des drames européens, recherchant à tout prix une spiritualité d'allure occidentale ou russe, les jeunes n'ont rien compris au génie du peuple roumain, qui a bien des travers et des péchés, mais qui brille par son intelligence et sa sensibilité. Ils ont réagi contre le courant suscité il y a dix ou douze ans par les périodiques Gândirea et Ideea Europeanâ (Pârvan, Lucian Blaga, Nae Ionescu, Nichifor Crainic ; les origines se retrouvent dans les cours et les publications de N. Iorga), courant qui avait proclamé « l'autochtonie » et « la spécificité ethnique » dans l'art et la pensée et qui avait esquissé la première des philosophies orthodoxes en créant une typologie roumaine.- Les causes de cette réaction (pure ment spirituelle d'abord, pour se transformer ensuite en nihilisme total, en négation de l'histoire, en relativisme culturel, en dissolution des concepts critiqués, etc.) sont beaucoup trop intéressantes et trop proches de nous pour que je les analyse dans cet article. Je n'essaie d'ailleurs pas d'étudier l'ensemble du phénomène que j'appelle « ne plus être roumain », mais seulement de dénoncer quelques-unes des aberrations de la dernière mode intellectuelle.
    Ceux qui sont désespérés d'être nés roumains se trompent sur les qualités et les défauts de leur peuple. Ils veulent des problèmes, des doutes, de l'héroïsme, alors que le peuple roumain ignore le doute et a une conception familière du héros. Ils attribuent à la foi et au doute une valeur philosophique ouvrant des voies à la méditation et posant des problèmes, alors que le paysan roumain ne doute pas, il croit naturellement («  comme coulent les rivières, comme poussent les fleurs »), sans « problèmes » (il est réaliste ; pensez à ses proverbes pour comprendre ses réactions contre l'idéalisme et le criticisme des peuples avec lesquels il est entré en contact).
    Les intellectuels ont une conception morale ou magique des héros, dans un cas comme dans l'autre un jugement individualiste, voire démoniaque. J'ai montré ailleurs ' que le peuple roumain voyait ses héros de la même façon que les personnages bibliques et apostoliques  : il les voit vivre au paradis comme dans le terroir roumain, vaquer à leurs affaires comme tout un chacun, descendre sur terre quand les temps sont durs et parler aux gens un langage familier, etc. ' Les héros tels que les conçoit le peuple sont sans commun rapport avec les héros tels que les imaginent les jeunes intellectuels. Dans le premier cas, il s'agit d'un héroïsme conféré par la vie sociale  ; dans le second, d'un héroïsme éthique, fait de problèmes, de drames et de conflits.
    En outre, les jeunes intellectuels jugent toujours les peuples sur ce qu'ils créent, au lieu de les juger sur ce qu'ils sont, sur leur survie. «  Créer  » est une conception individualiste  ; «  être  » comme l'a voulu Dieu est l'axe véritable de «  la spiritualité  » du peuple  ; rien ne se crée, rien ne se fait  ; les choses vont et viennent, cela se passe ' ainsi. Mais c'est là un problème trop compliqué pour que j'essaie de le résoudre ici.
    Il est vrai que le peuple roumain a de nombreux péchés, il est vrai que beaucoup d'axes nous manquent, mais telle est notre condition humaine, telles sont nos possibilités d'atteindre à l'universalité. Nous pouvons les prendre, pour point de départ et nous pouvons tout aussi bien les ignorer purement et simplement. Quoi qu'il en soit, nous ne serions ni chevaleresques ni efficaces si nous avions honte d'être nés roumains, et cela pour la seule raison que nous ne trouvons pas dans les valeurs roumaines celles de Chestov ou de Dostoïevski.

    1, Intellectuels fondateurs de la culture roumaine moderne, entre le XVIIIe et le XXe siècle. (N.d.T.)
    2. Olténie, Moldavie, Transylvanie - trois des grandes provinces de la Roumanie. (N.d.T.)
    3. M.  Eliade écrit se întâmplã, verbe qui a en roumain une forte connotation de «  hasard  ». (N.d.T.)


    1. Dans un petit article paru dans le journal Cuvântul sous le titre « Les Roumains et les Héros de la Nation » et que je re-publie ci-dessous parce qu'il aide à faire comprendre une question trop mal connue.
    Une revue estivale a offert aux psychologues un épisode qui illustre admirablement l'attitude des Roumains envers l'histoire. On voit apparaître sur la scène les deux grands héros de la nation, Michel le Brave et Etienne le Grand. Le parterre les a salués par des applaudissements et de la bonne humeur  ; car les deux grands hommes n'apparaissent pas dans une atmosphère solennelle, shakespearienne, prophétique — ils apparaissent en chair et en os, sur une scène moderne, ils se parlent et se donnent l'accolade comme deux hommes vivants et de bonne compagnie, tels que les ont toujours vus les Roumains.
    Un confrère a jugé bon de condamner cette « impiété » envers l'histoire de la nation. Je trouve, moi, que c'est révélateur quant à l'attitude saine et humaine du public roumain à l'égard de l'histoire. Pour nous, les héros de la nation sont vivants et présents, avec toutes les petitesses (apparentes) de l'homme de la rue. La solennité est bonne pour le ' 10  mai (à l'époque, fête nationale de la Roumanie -N.d.T.). Pendant tout le reste de l'année, le Roumain a, envers les grandes figures et les grands moments de son histoire nationale, une attitude que j'appellerai communicative. Il n'est jamais gêné de côtoyer un. héros. Pour lui, nos voivodes furent des hommes braves qui cragnaient Dieu, mais des hommes. Leur mort fut un passage dans l'autre vie, mais pas une transfiguration, pas une perte de la présence humaine. Lorsqu'il est évoqué, Michel le Brave n'apparaît pas comme un roi Lear  ; il ne parle pas comme une pythie  ; rien de mystérieux, rien de lugubre, rien de tellurique ni de céleste dans les rapports des Roumains avec leurs Héros. Etienne le Grand et Tudor Vladimirescu (patriote roumain, 1780-1821 - N.d.T.) sont ressentis comme proches et, surtout, comme vivants  ; proches charnellement, chaleureusement, dans une relation d'homme à homme et non d'esprit à homme.
    Us ne sont pas des hiérophantes, ils sont * l'un valaque et l'autre moldave  » (allusion à Miorița, ballade folklorique roumaine -N.d.T.). /// n'ont pas les lèvres scellées par le secret de la vie dans l'au-delà, ils restent liés aux champs, aux soucis et aux épreuves de la nation. Dans la mort, ils restent roumains.
    Cette attitude à l'égard de l'histoire ne fait que compléter l'attitude globale des Roumains envers ce qui les dépasse, envers les miracles et les héros. Lorsqu'un paysan roumain vous parlera de la Sainte Vierge, ce ne sera ni la Mater Dolorosa des Occidentaux, ni la Petite mère en lamentations des Russes  ; ce sera une maman des bons jours, avec ses grandes douleurs secrètes, avec son amour inavoué, avec sa grande fierté pour son Fils. La douleur de la Sainte Vierge est celle de n'importe quelle paysanne dont le garçon est mort. Et les saints, rie sont-ils pas descendus tant de fois sur la terre roumaine  ? Les Roumains savent-ils quelque chose des guerres saintes, du Saint-Sépulcre ou de la soif qu'avaient les Occidentaux de se rendre maîtres de la Terre sainte  ? Non. Ils savent que la Roumanie est un pays chrétien qu'ont visité de nombreux envoyés du Ciel et qui doit être défendu contre les métèques payens.
    Les grands voivodes roumains sont simplement bénis par le Ciel. Us ne sont pas des figures titanesques, des démiurges  ; ils ne sont pas des «  héros  » réussissant parce qu'ils le veulent et s'éloignant tellement du commun des hommes qu'on ne peut les approcher que par la mystique. La personnalité des voivodes est un don du Ciel, pas une individuation. Us furent grands et braves tout comme le chêne est majestueux et la fleur parfumée  : Dieu les a créés ainsi. Ceux qui parlent de l'indifférence du peuple roumain à l'égard de la religion ne savent pas ce qu'ils disent. Le christianisme roumain n'implique ni moralité ni mystique, mais une âme en communion avec la Nature.
    Que les héros de la nation apparaissent sur la scène d'une revue estivale n'est donc pas impie. Cest au contraire réconfortant et éducatif. Car, ainsi, ils participent à nos soucis d'aujourd'hui et nous font comprendre qu'ils sont bien petits et passagers par rapport aux leurs.


    Traduit du roumain, pour l’Edition de L’Herne, par Alain Parruit (Herskovits), le plus actif et le plus talentueux traducteur de l’oeuvre de Mircea Eliade en France.
     


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